Stress Hydrique : Le plan de bataille à 143 MMDH
Analyse du Programme National pour l'Approvisionnement en Eau Potable et l'Irrigation (PNAEPI) 2020-2027.
Publié le 10 Janvier 2024
L'urgence d'une décennie sèche
Le Maroc traverse sa pire séquence de sécheresse depuis plus de quatre décennies. Avec des taux de remplissage des barrages flirtant avec la barre critique des 25%, la gestion de l'eau est passée du statut de défi structurel à celui d'urgence de sécurité nationale.
Le déploiement des stations de dessalement
Le pivot stratégique de la réponse marocaine réside dans le dessalement de l'eau de mer. L'objectif est de sécuriser l'approvisionnement en eau potable des grands pôles urbains côtiers, libérant ainsi les eaux des barrages pour les régions intérieures et l'agriculture.
- Station de Casablanca : La plus grande d'Afrique (capacité de 300 millions de m³/an).
- Station d'Agadir : Déjà opérationnelle, elle illustre la mutualisation (eau potable et irrigation de la plaine de Chtouka).
- Station de Dakhla : Alimentée par l'énergie éolienne, combinant nexus eau-énergie-agriculture.
Les "autoroutes de l'eau" : l'interconnexion des bassins
Face à la disparité spatiale des ressources hydriques, le transfert d'eau est l'autre grand chantier. L'interconnexion entre le bassin du Sebou (excédentaire) et celui du Bouregreg (déficitaire) a été réalisée en un temps record de 8 mois. Cette prouesse d'ingénierie civile permet de sécuriser l'alimentation en eau potable de l'axe Rabat-Casablanca en acheminant jusqu'à 1 million de mètres cubes par jour.