L'Industrie Automobile : De la sous-traitance à l'intégration

Analyse de l'écosystème automobile marocain, premier exportateur du continent, face au défi de l'électrification.

Publié le 18 Mai 2024

Le premier secteur exportateur du Royaume

En deux décennies, le Maroc s'est hissé au rang de leader continental de la construction automobile, devançant l'Afrique du Sud. Avec des exportations dépassant les 140 milliards de dirhams en 2023, le secteur est devenu le principal moteur des exportations industrielles du pays, loin devant les phosphates.

Le succès des écosystèmes

Le secret réside dans la stratégie des "écosystèmes" impulsée par le Plan d'Accélération Industrielle. L'implantation des constructeurs donneurs d'ordre (Renault à Tanger, Stellantis à Kénitra) a été conditionnée par l'attraction d'équipementiers de rang 1, 2 et 3 (câblage, coiffes de sièges, emboutissage, plasturgie). Le taux d'intégration locale dépasse aujourd'hui les 65%, avec l'objectif d'atteindre 80%.

Le défi de la mobilité électrique

L'industrie marocaine affronte désormais un tournant historique : l'interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en Europe en 2035 (le principal marché d'exportation du Maroc). Pour maintenir sa compétitivité, le Royaume attire massivement les fabricants de batteries électriques, tirant parti de ses réserves de cobalt, de phosphates et de sa production d'énergie renouvelable. L'annonce de projets de "Gigafactories" (notamment avec le groupe Gotion High-Tech) illustre cette transition rapide vers la chaîne de valeur du véhicule électrique.